Brice HORTEFEUX s’est rendu le 4 Juillet 2010 à Mériel, afin de lancer le plan « Tranquillité seniors », conformément au calendrier annoncé en mai dernier. Prenant en compte certaines recommandations du rapport d’Edouard COURTIAL, ce dispositif a pour objectif de permettre à toute personne âgée se sentant menacée, isolée ou inquiète de pouvoir contacter son commissariat ou sa gendarmerie, les services sociaux ou les services municipaux.
Parallèlement, le ministre a souhaité donner aux personnes âgées les moyens d’accroître leur propre sécurité en organisant une campagne de sensibilisation à quelques « réflexes sécurité » très simples, par l’intermédiaire de 1 500 000 aide-mémoires, 300 000 brochures, 50 000 affiches ainsi qu’une rubrique dédiée sur le site internet du ministère.
La sécurité des personnes âgées sera par ailleurs renforcée lors du vote définitif de la LOPPSI 2, adoptée en 1ère lecture à l’Assemblée nationale en février dernier. Celle-ci durcit les sanctions encourues par les auteurs d’infractions commises à l’encontre de personnes vulnérables, en particulier les vols et les violences. De plus, la prise de plainte au domicile des personnes âgées sera systématisée.
Biensur, je ne peux que soutenir la mise en place de l’opération tranquillité seniors. Certains membres de ma famille étant eux meme âgés et isolés, je suis touché de près par l’isolement des seniors. Malgré tout, plusieures questions se posent à moi. Je suis fonctionnaire de police depuis peu de temps, mais déjà m’inquiète l’utilisation du temps des fonctionnaires. Je ne veux en aucun cas remettre en cause le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, qui semble indispensable dans la conjoncture actuelle, malgré tout, je constate au quotidien que les policiers, exerçant dans les patrouille,dans les brigades de police-secours, ont déjà en charge:
- les interventions de police-secours,
- la répression de la délinquance routière,
- l’application de l’opération tranquillité vacance,
- les patrouilles anti-délinquances,
- la sécurisation des sorties d’établissement scolaires, des piscines publiques, des lieux de culte,
- les gardes de détenus hospitalisés,
- les obligations administratives du service,
- etc…
Mes questions sont donc les suivantes ; des moyens humains vont ils etre mis à la disposition des services de police, dans ces brigades, pour assurer toutes ces missions supplémentaires? N’est il pas temps d’arrêter de renforcer des services créés uniquement pour lutter contre les violences urbaines et dont l’utilisation reste rare?
J’en conviens, ce débat relève plus de l’organisation de l’administration police que de la création de cette opération tranquillité seniors, mais il semble aujourd’hui indispensable.
Mathieu PIERRAT, le 22/07/2010